Lady k

"Je dessine et peins depuis mon enfance. Ma première commande institutionnelle fut la peinture de la bibliothèque de ma classe de CM2. J’ai réalisé mes premiers graffitis autorisés (effectivement c’est un non-sens) à peu près à la même période, lorsque Papa m’a proposé de dessiner sur le papier peint des toilettes car il allait être changé. 

J’adorais les Modernes, dans ma chambre, j’avais des reproductions de Cézanne, Monet, Picasso. Vers onze ans j’eus une idée très claire de ce que je voulais faire : être artiste peintre (un peu comme Picasso) et écrire une thèse. Peu après j’ai découvert le tag et le graff. C’est en cinquième que j’ai réalisé mes premiers tags sur la voiture du conseiller d’éducation que personne n’aimait.

Ma camarade de classe K. était un jour revenue avec un superbe dessin qui lui avait été donné par son amoureux transi, bien trop âgé pour elle. J’ai tout de suite aimé les lettres et j’ai voulu produire des lettres aussi bien et encore mieux. C’est ainsi que j’ai commencé à dessiner des lettres.

Tout ce qui avait trait aux lettres m’intéressait dès lors : le logo des NTM, les lettres de Zantz dans la ville, la typographie et la calligraphie.

C’est à partir de 97/98 que mon champ de recherche s’est resserré au writing. Son aura subversive, son aspect anthropocentriste et son genre renouvelant la peinture me plaisait, ainsi que son côté “outsider” m’attirait, les manuels d’art contemporain parlait des dernières tendances artistiques tel que le bio art, tout ce qui fait appels aux technologies les plus récentes, mais pas un mot ou presque sur le writing." 

Lady K

Crédits photos : Lady K